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Qui est propriétaire du code source de votre application ?

Payer un développeur ne vous rend pas propriétaire du code source. Sans clause de cession écrite, les droits restent au prestataire. Ce qu'il faut vérifier avant de signer.

L'équipe Neova 19 juillet 2026 8 min de lecture

Vous n'êtes pas automatiquement propriétaire du code source de votre application, même si vous l'avez payée.

En droit français, les droits d'auteur appartiennent à celui qui écrit le code. Le fait de commander et de régler un développement n'y change rien.

Pour devenir propriétaire, il faut une clause de cession écrite, détaillée, dans le contrat. Sans elle, votre prestataire conserve des droits sur ce que vous croyez posséder.

C'est la mauvaise surprise la plus coûteuse du développement sur mesure. Voici comment l'éviter.

Pourquoi payer ne suffit pas

L'article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle est sans ambiguïté : l'existence d'un contrat de commande ou de louage d'ouvrage ne déroge pas au droit d'auteur.

Autrement dit, le développeur reste titulaire des droits sur son code, sauf cession expresse.

C'est contre-intuitif, et c'est précisément pour ça que tant d'entreprises se font piéger. On paie une facture, on reçoit une application qui fonctionne, on suppose qu'elle nous appartient. Juridiquement, pas nécessairement.

Le raisonnement du droit d'auteur est le même que pour un tableau : acheter l'œuvre ne vous donne pas le droit de la reproduire ou de la modifier.

Ce que vous risquez concrètement

Sans cession valable, vous êtes en situation de dépendance vis-à-vis de votre prestataire.

  • Vous ne pouvez pas confier l'évolution à quelqu'un d'autre. Changer de prestataire suppose de modifier le code — donc d'exercer un droit que vous n'avez pas.
  • Vous ne pouvez pas revendre l'application ni la céder lors d'un rachat de votre société.
  • Vous ne pouvez pas la réutiliser pour un autre projet, ni en dériver un nouveau produit.
  • Votre valorisation en souffre. Un investisseur ou un repreneur vérifie qui détient la propriété intellectuelle. La réponse « on ne sait pas » fait chuter le prix.

Le scénario classique : la relation avec le prestataire se dégrade, vous voulez partir, et vous découvrez que partir signifie tout reconstruire.

Ce que doit contenir la clause de cession

L'article L131-1 du même code impose une rédaction précise. Une formule vague du type « le client devient propriétaire du code » ne tient pas.

Les quatre mentions obligatoires Les quatre mentions obligatoires1Chaque droitcédé, listéséparément2L'étendue del'exploitation3La destination etle support4La durée et leterritoire
Une cession qui omet l'un de ces points peut être contestée.

Concrètement, la clause doit énumérer distinctement chaque droit transféré — reproduction, représentation, adaptation, modification — et délimiter le domaine d'exploitation.

Une cession rédigée à la va-vite est une cession fragile.

Les six points à vérifier avant de signer

Reprenez votre devis ou votre contrat et cherchez ces éléments.

1. Une clause de cession existe-t-elle ? Si le mot « cession » n'apparaît nulle part, vous n'avez rien. 2. Les droits sont-ils listés un par un ? « Tous droits » ne suffit pas. 3. La cession couvre-t-elle la modification ? C'est le droit dont vous aurez besoin en premier. 4. La durée est-elle la durée légale des droits ? Une cession de trois ans vous piège à l'échéance. 5. Le territoire est-il mondial ? Une cession « France » bloque un déploiement international. 6. La livraison du code est-elle prévue ? Posséder les droits sans avoir les fichiers ne sert à rien. Exigez la remise des sources et des accès au dépôt.

Ce dernier point est souvent oublié. Droits et fichiers sont deux choses distinctes : on peut détenir l'un sans l'autre.

Le cas des salariés et des freelances

La règle change selon le statut de celui qui écrit le code.

Un salarié : pour les logiciels créés dans le cadre de leurs fonctions, les droits reviennent à l'employeur. C'est une exception prévue par la loi, propre au logiciel.

Un freelance ou une agence : aucune dévolution automatique. Il faut la cession écrite. C'est le cas le plus fréquent, et le plus risqué.

Un stagiaire : ce n'est pas un salarié. Sans convention prévoyant la cession, les droits restent chez lui.

Comment prouver que le code est à vous

La cession règle la question du droit. Reste celle de la preuve, en cas de litige.

Le dépôt auprès de l'Agence pour la Protection des Programmes donne une date certaine à votre création et constitue un élément de preuve reconnu par les tribunaux français.

Ce n'est pas obligatoire, mais c'est peu coûteux au regard de ce que représente une application métier.

Ce qu'on fait chez Neova

La cession complète des droits est prévue au contrat, sans supplément, et le code vous est livré avec les accès au dépôt.

Notre position est simple : vous avez payé le développement, l'application est la vôtre. Y compris le jour où vous décidez de travailler avec quelqu'un d'autre.

Un prestataire qui refuse de céder les droits, ou qui reste évasif sur la question, vous dit quelque chose sur la relation qu'il envisage.

Ce qu'il faut faire cette semaine

Si vous avez déjà une application développée par un tiers :

1. Relisez le contrat et cherchez le mot « cession ». 2. Si vous ne le trouvez pas, demandez un avenant. La plupart des prestataires sérieux acceptent. 3. Vérifiez que vous avez bien les fichiers sources et les accès, pas seulement l'application en ligne.

Si vous êtes sur le point de signer : ajoutez la clause avant, jamais après. Une fois le projet livré, votre pouvoir de négociation a disparu.

Si votre projet démarre tout juste, prenez le sujet dans l'ordre : notre guide pour créer une application sur mesure place cette vérification au bon moment, avant le choix du prestataire.

Cet article donne des repères généraux sur le droit français applicable. Pour un contrat précis ou un litige en cours, consultez un avocat spécialisé en propriété intellectuelle.

Questions fréquentes

Si je paie une application, elle m'appartient, non ?

Non, pas automatiquement. En droit français, les droits d'auteur restent au développeur sauf clause de cession écrite dans le contrat. L'article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle précise qu'un contrat de commande ne déroge pas au droit d'auteur. Payer donne droit à la livraison, pas à la propriété des droits.

Que risque-t-on sans clause de cession ?

Vous ne pouvez ni faire modifier l'application par un autre prestataire, ni la revendre, ni la réutiliser librement. Concrètement, vous dépendez de votre prestataire d'origine pour toute évolution. En cas de rachat de votre société, l'absence de propriété intellectuelle claire fait chuter la valorisation.

Une clause « le client est propriétaire du code » suffit-elle ?

Non. L'article L131-1 exige que chaque droit cédé soit mentionné distinctement, avec l'étendue, la destination, le lieu et la durée de l'exploitation. Une formule générale peut être jugée insuffisante et donc contestable.

Et si le code a été écrit par mon salarié ?

Pour les logiciels créés par un salarié dans le cadre de ses fonctions, les droits reviennent à l'employeur : c'est une exception légale propre au logiciel. Attention, elle ne s'applique ni aux freelances, ni aux stagiaires, pour qui une cession écrite reste nécessaire.

Comment prouver que le code m'appartient en cas de litige ?

Le contrat de cession est la première preuve. Un dépôt auprès de l'Agence pour la Protection des Programmes donne en plus une date certaine à la création et constitue un élément reconnu par les tribunaux français.

Écrit par L'équipe Neova

Studio de développement d'applications sur mesure et formation au dev assisté par IA (Claude Code). On publie ce qu'on applique sur nos propres projets — et on livre du logiciel en production, pas des prototypes.

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